Transhumanisme

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Depuis des millénaires, l'homme a tenté de s'élever mentalement et physiquement. Ainsi, grâce aux perpétuelles avancées de la science, il a put surmonter certaines de ses faiblesses et élever son espérance de vie jusqu'à près d'un siècle dans certaines régions du monde. Mais à présent nous avons fait de tel progrès que de nouvelles opportunités s'offrent à nous, et ces opportunités sont portés par le transhumanisme. Les partisans de ce mouvement culturel et intellectuelle pensent que nous pourrions repousser les limites imposées par notre corps, et que grâce à des nanotechnologies et d'autres procédés nous pourrions fonder une nouvelle génération de « post-humain » plus développés que nous ne le sommes. Cette idée déjà évoquée par certains auteurs comme Isaac Asimov dans les années 50 à l'aube du courant « cyber-punk » prend une forte dimension scientifique dans les années 80 et ce renforce au fil des années. Cependant, toute innovation idéologique est accompagné de critique, notamment celle prévoyant que les augmentation ne serait accessible qu'au riche ou encore de la part des religions monothéiste qui accuse les chercheurs de se prendre pour des dieux. Ainsi, certaines interrogations éthiques surgissent : Peut-on imaginer de faire de l'homme une machine ou même inversement ? Le transhumanisme est-il moralement condamnable ? Ou en d'autre termes, est-ce parce que nous pouvons que nous devons ? Autant de questions auquel l'humanité devra sans doute faire face dans les décennies ou même les années à venir.


Mise en parallèle d'arguments opposés

POUR CONTRE
Allongement de la vie Remise en question de l'éthique de l'homme
Nouvelles possibilités de soin des maladies Science contre nature → immoral
Réhabilitation des handicapés physiques Progrès à l'encontre de la religion
Une foule de nouveaux services proposés par la création d'IA Contre les valeurs démocratiques → « [ ], égalité, fraternité », inégalité sociale entre types de population
Gérer notre écosystème pour le préserver Insécurité de la médecine d'amélioration
Nouvelle compréhension de l’univers Création d'armes humaines au effet destructeur
Vie plus longue → possibles conquêtes spatiales avec des missions de plusieurs siècles Création d'une dépendance d'un certain type de matériel

Points de vue opposés et argumentés

POUR


Les possibilités qui s'offrent à l'humanité grâce aux avancées de la technologies sont innombrables, et le transhumanisme pourrait y jouer un rôle majeur qui bouleverserait l'histoire de notre espèce.

En effet, si l'on se projette dans un monde où les intelligences artificielles font parti du quotidien et où les nanotechnologies renforcent nos organismes, des applications révolutionnaires sont possibles. Ainsi on observerait un accroissement de l’espérance de vie causé par les nouveaux remèdes à des maladies aujourd'hui incurables mais également un vieillissement sans signes extérieurs visibles. Sans parler d'immortalité qui semble tout de même très utopique, la fin de vie pourrait alors s'avérer bien plus agréable et chaque individu pourrait travailler plus longtemps de part cette forme préservé malgré le temps.

On peut également évoquer la possibilités d'épargner une vie de restriction aux handicapés physiques, car avec des initiatives transhumanistes, des prothèses aussi performantes que des membres de chaires pourraient être crées. Par ailleurs, il ne serait pas seulement question de remplacer des bras ou des jambes, mais pourquoi pas des yeux, ou des organes internes par exemple.

De plus, les IA peuvent jouer un rôle majeur dans la logistique mondiale afin d'optimiser tout déplacement, transaction, exploitation, répartition de biens... Ainsi il serait bien plus simple de gérer notre environnement de manière durable et de faire profiter le maximum de personne de cette nouvelle gestion des ressources. L’humanité aurait donc l'opportunité de prospérer sur une Terre qu'elle maîtrise et où chacun pourrait subsister de manière plus que correcte.

Cependant dans ce scénario, notre croissance démographique du à une faible mortalité nous mettrait sans doute à l'étroit, et si la science aurait sans doute des solutions pour nous permettre de survivre à quelques milliards d'années de plus sur notre planète d'autres possibilités sont envisageables. Si l’espèce humaine s’élève à un niveau scientifique suffisamment élevé, alors elle pourrait quitter son berceau pour coloniser des exoplanètes, afin de les terraformer et d'en faire de nouveaux lieux où se développer.

Cet avenir que l'on pourrait envisager semble forcément assombri par l'individualisme de l'homme et son incapacité apparente à s'unir pour un bien global. En effet, qui sait ce que le monde serait aujourd'hui si tout l'argent utilisé dans la guerre au cours des 100 dernières années avait servi à la science ? Quoi qu'il en soit si l'humanité évite les embûches qu'elle se tend souvent à elle même, elle pourrait bien se servir du transhumanisme pour se sublimer et atteindre un nouvel état de développement bien plus avancé.


CONTRE


La science est en constante évolution depuis des siècles, comme le prouve le transhumanisme qui permet d'améliorer les capacités physiques et mentales des êtres humains grâce à des inventions technologiques. Cependant, ce mouvement intellectuel amène à débattre sur le bien de l'humanité.

Tout d'abord, certains progrès scientifiques sont contre nature : l'homme est né mortel, il est le résultat d'un brassage génétique sous l'effet du hasard. Il s'agit de l'essence même de l'homme, c'est ce qui le définit. Effectuer des modifications sur le corps humain consisterait à mettre fin à l'équilibre naturel qui règne entre les espèces. Le transhumanisme détient certains possibles comme celui de prédéfinir l'humain en privilégiant des caractéristiques physiologiques ou intellectuels déterminés à l'avance. Il s'en résulterait d'une nouvelle identité génétique, ce qui est totalement immoral si certaines capacités serait amenées à disparaître devant de nouvelles capacités. De plus, la qualité humaine est construite par nos sensations, nos faiblesses et nos défauts, menacée de disparaître par ce mouvement qui semble être une utopie de la perfection. L'homme deviendrait objet pour aboutir non pas à un être humain, mais quelque chose d'autre comme un homme bionique ou encore un transhumain.

Ensuite, le transhumanisme pourrait engendrer des problèmes d'ordre social : une inégalité se creuserait entre l'humanité déjà présente et une transhumanité qui serait à venir. En effet, une partie de la population (la plus riche) aura accès au soins dans le but d'allonger la durée de vie par exemple, alors que l'autre partie de la population (la moins riche) n'arrive pas à se nourrir. La science permettra à l'homme de vivre plus longtemps mais la question de nourrir les hommes serait un vrai problème si à l'heure actuelle, cette question n'est toujours pas résolu. Le transhumanisme apporterait un nouvel ordre social prédéfini et antidémocratique.

Enfin, ce changement technologique est approuvé par les philanthropreneurs mais ces derniers, en plus de vouloir soigner des maladies, verraient dans leur travail un incroyable profit possible en créant des nouveaux besoins du à l'apparition de nouvelle technologie ainsi qu'une dépendance aux produits bioniques. Les entreprises et les personnes les plus avancées prendraient alors les rênes du pouvoir face à une population moins avancée.

Depuis sa création, le transhumanisme progresse et propose à l'homme des solutions qui n'était autrefois pas réalisable. Néanmoins, cette science devrait servir à résoudre les problèmes actuel au lieu de chercher à surpasser l'humanité. Il est évident que cette évolution à des avantages, toutefois, elle a aussi des inconvénients et ses limites.

Quelques exemples...

→ Transhumaniste sans gêne


« L’humanité est au seuil de la plus grande mutation de son histoire, prédisent les technoprophètes. Avec les «transhumanistes», voyage dans un futur où l’homme connecté devient immortel. L’homme percera-t-il un jour le secret de son cerveau ? Dans vingt ans, cinquante ans, un siècle ? Les spéculations les plus aléatoires circulent. Cette quête apparaît comme la prochaine frontière de l’homme, celle qui lui permettra de se dépasser, prétend le mouvement transhumaniste. Les efforts de la recherche tendraient à les conforter. Simuler le cerveau humain sur un ordinateur. Visualiser le réseau de milliards de neurones connectés les uns aux autres, suivre le trajet d’une impulsion à l’intérieur de la Toile, détecter les racines de la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson. C’est l’incroyable défi du Human Brain Project, initié par le neurobiologiste Henry Markram, associant treize centres de recherche en Europe et réclamant un milliard d’euros sur dix ans. Ce projet d’envergure prend pour assise les travaux de Blue Brain basé à l’Ecole polytechnique de Lausanne, en collaboration avec IBM, et se vante d’avoir réussi à copier une colonne néocorticale d’un cerveau de rat en neuf ans. Parvenir à reconstituer la complexité d’un cerveau humain, ses quelque 100 milliards de cellules avec leurs connexions, paraît plus chimérique. L’aventure, qui prend des allures d’une course avec le projet Human Cognome aux Etats-Unis, est comparée à la conquête de la Lune. Orateur volontiers iconoclaste, Henry Markram prédit : «D’ici dix ans, nous pourrons savoir si la conscience peut être simulée dans un ordinateur.» Ces recherches nourrissent les spéculations les plus outrancières du transhumanisme, courant de pensée né dans la Silicon Valley à la fin des années 80. Certains y détectent les prémices de l’uploading, scénario selon lequel le contenu d’un cerveau humain pourra être transféré sur un autre support, téléchargé sur un ordinateur, dématérialisé dans le cyberespace ou réimplanté sur un corps robotique inaltérable. Et de toucher du doigt le plus vieux rêve de l’humanité : l’immortalité.

«Matrix» et «Avatar» : Une vieille lune qu’on pensait cantonnée à la littérature de science-fiction. L’uploading est le thème du livre la Cité des permutants, de l’Australien Greg Egan, qui imagine qu’il sera un jour possible de simuler son cerveau sur un ordinateur pour le faire vivre dans un monde virtuel pour l’éternité. On le retrouve dans les anticipations cyberpunk de William Gibson ou de Bruce Sterling, ou dansAccelerando du Britannique Charles Stross, classique de la littérature transhumaniste, non traduit en français. Au cinéma, la trilogie Matrix ou Avatarprocède du même imaginaire. Mais l’uploading figure également sur l’agenda de chercheurs de renom, comme Marvin Minsky pape de l’intelligence artificielle au MIT (Institut de technologie du Massachussetts), ou Hans Moravec, l’un des concepteurs de la robotique intelligente à l’université Carnegie Mellon, qui voit la chose se réaliser dans un futur proche. L’informaticien Ray Kurzweil fixe lui l’échéance à 2040. Là, une machine serait en théorie capable d’émuler le cerveau humain.

Le transhumanisme, frange extrême de la cyberculture californienne, professe que l’humanité se trouverait au seuil de la plus grande transformation de son histoire. Grâce à l’union des biotechnologies et des nanotechnologies, des sciences de l’information (robotique et informatique) et des sciences cognitives, l’homme pourra enfin s’affranchir des limites assignées au corps, ce tombeau de l’âme décrit par Platon. Ses capacités physiques et mentales vont être sublimées. Et le dispenseront bientôt de naître, de souffrir, de vieillir, et même de mourir.

Ce courant de pensée radical se développe dans la Silicon Valley, en pleine révolution numérique. Le mot serait apparu pour la première fois sous la plume du biologiste évolutionniste, Julian Huxley, frère d’Aldous (auteur du Meilleur des mondes). Mais c’est en 1989, avec son livre Are You a Transhuman que le futuriste F.M. Esfandiary - cryogénisé après sa mort dans un bain d’azote en attendant une hypothétique résurrection - pose le concept de transhumanisme. Le mouvement se structure au début des années 90, lors de la fondation de la première organisation, l’Extropy Institute du philosophe anglais Max More, puis du Foresight Institute d’Eric Drexler, chantre des nanotechnologies et surtout, en 1998, de la prosélytique World Transhumanist Association (WTA) qui compte près de 6 000 membres, parmi lesquels des académiciens réputés, essentiellement issus de l’informatique, de la robotique, ou des nanotechnologies, une poignée de biologistes, des philosophes, des sociologues, des médecins… Mouvement très hétérogène, selon Jean-Michel Besnier, professeur de philosophie à la Sorbonne et auteur de Demain les posthumains :«C’est une nébuleuse avec des modérés qui pensent que l’humain n’est pas au bout de son évolution et peut s’améliorer et des extrémistes qui veulent en finir avec l’homme, passer au posthumain.»

Défiance de la chair : L’humain est «inadapté» au monde contemporain, estime Nick Borstrom, philosophe suédois de la mouvance, et l’amélioration de la condition humaine nécessite d’abord une modification du corps par les technologies. On retrouve chez les transhumanistes cette défiance de la chair qui irrigue toute la cyberculture, analyse Jean-Claude Guillebaud, dans la Vie Vivante, plaidoyer contre «les nouveaux pudibonds». Un corps biologique, faible et imparfait, incarnation de la finitude, volontiers qualifiée de «meat», viande anachronique. «Le transhumanisme dessine un avenir où le corps n’aura plus sa part», écrit Besnier.«Le fantasme de l’homme remodelé, puis intégralement autofabriqué, fait plus que jamais partie de l’imaginaire d’aujourd’hui. Il est dans la stricte continuité des illusions générées par la modernité.»

Devenir un homme d’acier préconisait déjà le futuriste Marinetti dans les années 20. Fusionner avec la machine, qui est, d’après Kevin Warwick, l’avenir de l’homme. Le scientifique britannique, qui s’est implanté une puce dans le bras pour lier son système nerveux à un ordinateur, se proclame «premier cyborg».«La technologie risque de se retourner contre nous. Sauf si nous fusionnons avec elle. Ceux qui décideront de rester humains et refuseront de s’améliorer auront un sérieux handicap. Ils constitueront une sous-espèce et formeront les chimpanzés du futur»,déclarait-il en 2002.

D’autres vont encore plus loin, annonçant l’avènement imminent d’une nouvelle espèce. C’est le cas de la frange la plus radicale du transhumanisme, les Extropiens qui récusent l’entropie, cet inéluctable processus qui conduit l’univers à sa désagrégation. Mais également des partisans de la Singularité, telle qu’énoncée par Ray Kurzweil. L’informaticien et futurologue médiatique anticipe l’avènement imminent d’une superintelligence qui rendra celle des hommes obsolètes. D’après lui, nous sommes à la veille d’un saut technologique reposant sur la croissance exponentielle de la puissance de calcul des ordinateurs. «La Singularité, écrit Kurzweil qui s’y prépare en gobant plus de 200 vitamines par jour, est une période future où le rythme des changements technologiques sera si rapide et son impact si profond que la vie humaine sera transformée de manière irréversible.»

Le terme Singularité, emprunté à l’astrophysique, se réfère à un point dans l’espace-temps où les règles de la physique ordinaire ne s’appliquent plus, un trou noir inobservable. Le concept fut d’abord proposé par Vernor Vinge, mathématicien et écrivain de SF. Dans un symposium à la Nasa en 1993, il annonce que «dans trente ans, nous aurons les moyens technologiques de créer une intelligence surhumaine. Peu après, l’ère humaine cessera».

Sculpter le corps et l’esprit : Kurzweil, inventeur visionnaire aux 39 brevets et 19 doctorats honorifiques, a créé en 1976 la première machine capable de lire des livres aux aveugles, puis l’un des premiers synthétiseurs et des logiciels éducatifs. Sa théorie de la Singularité lui a valu moqueries et critiques de scientifiques prestigieux qui l’ont qualifié de parascience. Ce qui ne l’empêche pas de trouver un écho grandissant dans le grand public. En février, il faisait la une du Time Magazine sous le titre racoleur : «2045, l’année où l’homme devient immortel.» L’article, consacré à l’auteur du best-sellerThe Singularity is near, également héros de deux documentaires sortis début 2011, avance que la Singularité «n’est pas une idée marginale mais une hypothèse sérieuse qui mérite qu’on l’évalue sobrement et avec précaution». Sorti en France sous le titre Humanité 2.0 : la bible du changement, le technoprophète Ray Kurzweil y livre une profession de foi dont le lyrisme rappelle celui du manifeste du futurisme de 1909. «Nous voulons devenir l’origine du futur, changer la vie au sens propre et non plus au sens figuré, créer des espèces nouvelles, adopter des clones humains, sélectionner nos gamètes, sculpter nos corps et nos esprits, apprivoiser nos gènes, dévorer des festins transgéniques, faire don de nos cellules souches, voir les infrarouges, écouter les ultrasons, sentir les phéromones, cultiver nos gènes, remplacer nos neurones, faire l’amour dans l’espace, débattre avec des robots, pratiquer des clonages divers à l’infini, ajouter de nouveaux sens, vivre vingt ans ou deux siècles, habiter la Lune, tutoyer les galaxies.» Une utopie positiv(ist)e, qui incite l’homme à embrasser joyeusement et sans crainte les mutations à venir. Comme c’est inéluctable, autant s’y préparer, disent les transhumanistes.[...] »

Source : http://www.liberation.fr/culture/2011/06/18/transhumanistes-sans-gene_743496

→ Dans cette article de libération, on peut retrouver l'essentiel des objectifs du transhumanisme ainsi que les difficultés qu'il rencontre. En effet, certain voit déjà les possibilités applicables sur le cerveau humain pour guérir des maladies neurologiques type Parkinson ou Alzheimer et même de surpasser nos capacités cognitive actuelle. Ce genre de recherche sont menés par des entreprises comme le Human Brain Project financé par la tentaculaire multinationale IBM. Les expérimentations n'en sont encore qu'au stade d'ébauche mais des applications concrètes sont envisageables dans les décennies à venir. Si les bases du transhumanisme sont nés de philosophes et d'écrivains (littérature, cinéma...) ce sont bien des scientifiques tels que le renommé Marvin Minsky qui se sont emparé du sujet. Lui et de nombreux biologistes et informaticiens reconnus pour leurs travaux se sont ainsi lancés dans des prédictions sur la date échéante où l'humanité s'affranchira de tel ou tel limite. Quoi qu'il en soit, beaucoup s'accorde à dire que l’espèce humaine est à l'aube d'une nouvelle étape de son évolution dans laquelle la technologie jouera un rôle fondamentale. Enfin, si le transhumanisme subit de sérieuses critiques quant au bien fondé de son but premier, un audience grandissante se fait sentir au sein du grand public, et les propos d'homme comme Raymond Kurzweil, un informaticien et inventeur avec une vision clairement en avance sur son temps, deviennent des prédictions prisent très au sérieux par beaucoup.



→ Au-delà de l'humain


Source : Sciences Humaine, 2007, N°6, p. 72-75

→ Devant l'impossibilité d'agir pour faire avancer le transhumanisme, certains réalisent des expériences comme celle d'augmenter leur espérance de vie ou accélérer leur intelligence. Ils se basent sur l'organisme de certains animaux afin de vérifier si les méthodes de survient des animaux fonctionneraient chez l'humain comme Ray Kurzweil, un informaticien, qui se livre à un mode de vie différent. Mais ces pratiques comportent des risques car cela devient dangereux si la dose est trop grande. D'autres expériences consistent à consommer de la drogue ou des médicaments ayant des effets d'augmenter les capacités de réflexions. Cependant, il ne s'agit que de simple expérience avant que la science évolue et permette de réelles recherches.












→ Un dialogue difficile


« L'intervention de Jean- Didier Vincent, en mars 2008, dans laquelle il avait exposé ses interrogations et ses inquiétudes face au développement de mouvements transhumanistes avait interpellé vos rapporteurs. Il faisait état d'un vaste programme de recherche consacré à la convergence des technologies, engagé en 2002 principalement aux États-Unis, avec quatre voies technologiques convergentes vers le « posthumain », ce qui permettrait à l'homme de faire mieux que ce que la nature a su faire. « Les biotechnologies seraient les premières à ouvrir la porte de la post-humanité. Les nanotechnologies tireraient l'attelage, complétées par les technologies de l'information et les sciences cognitives. Le gouvernement fédéral des États-Unis a doté ce programme couramment appelé NBIC - nano, bio, info, cogno - de plusieurs milliards de dollars. On peut considérer le projet comme la première pierre officielle de ce que ses adeptes conviennent de nommer transhumanisme et qui n'est rien d'autre qu'un état intermédiaire vers le post-humanisme ». Il précisait : « Le rapport de la National Science Foundation (NSF) américaine sur la convergence des technologies pour améliorer les performances humaines reste cependant prudent lorsqu'il conjoncture que l'humanité pourrait devenir comme un cerveau unique dont les éléments seraient distribués par des liens nouveaux parcourant les sociétés. Les propos de savants devenus prophètes, abolissant les frontières entre utopie et projet scientifiques, ne doivent pas faire oublier le sérieux d'une entreprise que pourrait résumer la devise : « Rendre l'impossible possible, et l'impensable pensable. » Conscients de l'impact et des défis potentiels de la convergence NBIC sur la société, vos rapporteurs ont souhaité rencontrer des défenseurs de ces thèses nombreux et influents aux États-Unis lors de leur déplacement dans ce pays. Le dialogue s'est avéré extrêmement difficile avec Natascha Vita-More, présidente de Humanity car chaque question directe semblait l'offenser, elle ne paraissait pas concevoir qu'on ne soit pas complètement conquis par son désir d'éternité et sa croyance en la toute-puissance de la technique. La rencontre avec Wendell Wallach fut plus feutrée car il s'agissait d'une table ronde au Yale interdisciplinary center for Bioethics. Certes il semblait être plus réservé que les autres intervenants sur la nécessité de s'interroger sur des techniques qui prônent la « cyborgisation » de l'humain. Aussi, pour vos rapporteurs, cette dimension des interfaces homme/machine prônée par ces mouvements, doit-elle être examinée. À cet égard, les descriptions des entretiens de Jean-Didier Vincent avec des experts respectés croyant à immortalité possible ou les expériences cyborgisation de chercheurs originaux s'appliquant à eux-mêmes leur théorie, en s'agrémentant de puces électroniques ou de bras supplémentaires ne prêtent pas forcément à sourire. »

Source : http://www.senat.fr/rap/r11-476-1/r11-476-153.html

→ Le transhumanisme n'est encore qu'un concept à réaliser, mais il s'agit d'un sujet très discuté et pris dans le plus grand des sérieux étant donné qu'il traite d'un avenir infini pour l'homme. Certain s'intéresse à propos du post humanisme, après le transhumanisme, ce qui correspondrait à dépasser la nature elle-même, il y a des idées de projet qui commencent à naître, alors que d'autre manifeste leur réticence comme la présidente de Humanity. Mais ce thème ne nous est pas totalement inconnu car les Etats-Unis ont débuté les recherches contre plusieurs milliards de dollars.



→ Le cas d'Oscar Pistorius


Depuis plusieurs années, le grand public ne cesse de se passionner pour une invention spectaculaire : le « cheetah flex foot ». C'est le pied de sprint optimal pour les amputés tibiaux et transfémoraux. Conçue en fibre de carbone, sa lame reproduit le mouvement de la patte arrière du félin qui s'étend pour atteindre le sol tandis que les muscles puissants de sa cuisse tirent son corps vers l'avant. D'où son nom « cheetah » qui signifie « guépard » en anglais ! Des sportifs amputés s'en sont emparé : Marlon Shirley, April Holmes ou Oscar Pistorius. Tous trois détenteurs de records du monde ! Mais c'est surtout ce dernier qui défraie la chronique.

La fédé dit « Non ! » Amputé des deux jambes à l'âge de onze mois, l'athlète sud-africain ne cesse de provoquer la perplexité des organisateurs des grandes compétitions mondiales. Sportif de très haut niveau, il veut non seulement participer aux Jeux réservés aux athlètes handicapés, mais aussi aux compétitions « valides ». Or ses lames ne lui offriraient-elles pas un réel avantage métabolique sur ses concurrents ? Grand débat entre 2007 et 2008. En 2007, la fédération internationale d'athlétisme décide t'interdire la compétition à tous les porteurs d'appareillages qui pourraient les avantager. Oscar, surnommé « Blade runner », serait-il l'homme bionique, l'homme augmenté ?

Le créateur proteste Össur, le créateur de cette prothèse est catégorique : « Non ! Le Cheetah a les propriétés d'un pied normal, rien que ces propriétés, et n'a pas été conçu pour transformer Oscar en Hermès au pied ailé. Il gagne parce que c'est un très grand sportif et non grâce à une aide mécanique. » Des études ont montré que le cheetah flex foot peut restituer environ 90 % de l'énergie qu'il a stockée. Celle-ci est nettement inférieure à celle du pied et de la jambe d'une personne valide (249%). Par ailleurs, pour être « bionique », il faudrait que sa prothèse intègre des capteurs, des microprocesseurs, voire des moteurs pour fournir un mouvement assisté.

Source : http://informations.handicap.fr/art-infos-handicap-archives-703-5035.php

→ Oscar Pistorius, amputé des deux jambes à moins d'un an cours plus vite que la plupart des personnes. Ce simple état de fait éveille donc forcément de nombreux débats, en effet doit on alors considéré qu'un individu qui ce serait déplacé toute sa vie en fauteuil il y a quelques dizaines années puissent aujourd’hui courir avec des athlètes « normaux »?de plus, d'un point de vue technique difficile de croire que Pistorius fournit les même efforts qu'un sprinteur conventionnel et il est alors bon de se demander si les prothèses du Sud-Africain ne serait pas même un avantage. Or, une personne avantagé par des implants et/ou prothèse peut être assimilé à un transhumain. Pour ce cas si, la fédération a accepté la requête du sportif jugeant que les « cheetah flex foot » ne pouvait être considéré comme des jambes améliorés. Mais quand sera il lorsque les prothèses évolueront et comment fixer alors les limites des aides mises à la disposition des athlètes handicapés ? Une chose est sur, l'humanité assiste ici aux balbutiement du transhumanisme et on pourrai déjà imaginer une nouvelle catégorie de sportifs, ni valides, ni handicapés, mais augmentés par de futurs technologies.

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