L'Economie des Droits Télés dans le Sport

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La Concurrence Des Droits Télévisions

Une procédure d'enchères pour maximiser le prix des droits de la nouvelle génération

Le recours aux enchères constitue une technique répandue de commercialisation des droits de retransmission télévisée. Elle est utilisée dans de nombreux pays ainsi que, désormais, sous la pression des autorités européennes de la concurrence, par les principales instances internationales du football. Elle connaît un certain développement dans d'autres domaines de gestion publique. Il est par conséquent intéressant d'analyser, à l'occasion du présent rapport, une technique de gestion publique qui a pris un réel essor.

En France, la loi impose d'y recourir pour la vente des droits portant sur les compétitions organisées par les ligues.

Cette prescription est destinée à protéger l'exercice de la concurrence entre les opérateurs audiovisuels. La limitation de la durée des contrats participe de cette même préoccupation. La récente loi sur l'organisation et la promotion des activités physiques et sportives dispose même que cette « commercialisation est effectuée avec constitution de lots, pour une durée limitée et dans le respect des règles de concurrence ». Toutefois, l'expérience montre que la technique de mise aux enchères ne suffit pas, en soi, à garantir que cet objectif soit atteint. Les modalités des enchères peuvent se révéler incompatibles avec une réelle mise en concurrence. Surtout, leurs résultats peuvent avoir des effets présumés contraires à terme avec le maintien de conditions de concurrence.

Le récent épisode de cession des « droits-télé » en France illustre le hiatus entre les objectifs poursuivis par la loi et les effets concrets qu'elle comporte, à tel point, du reste, qu'une modification des règles est en cours, consécutive à la loi précitée.

Les chiffres clés des événements sportifs les plus regardés

1:Super Bowl : 464 millions de dollars en 2013 (339 millions d'euros)

Pour un spot de pub de 30 seconds, CBS charge un montant de 3,75 millions de dollars (2,74 millions d'euros), soit 7% de plus que ce que demandait l'an passé NBC. C'est le prix pour la dernière finale entre les Baltimore Ravens et San Francisco. En revanche, les revenus sur la billetterie ont décliné.


2: Les Jeux Olympiques d'été : 348 millions de dollars (254 millions d'euros)

Les chaînes de télé ont déboursé près de 2,6 milliards de dollars (1,9 milliard d'euros) pour s'adjuger les droits de diffusion des JO de Londres en 2012. C'est 900 millions de dollars (658 millions d'euros) de plus que pour les précédents JO de Pékin en 2008.


3: Coupe du monde de foot: 160 millions de dollars (117 millions d'euros)

La plus populaire et prestigieuse des compétitions de foot réunit tous les 4 ans les meilleurs équipes du monde pour 3 semaines de compétition. Pour le prochain Mondial au Brésil, le pays du ballon rond, on attend environ 4 milliards de dollars (2,9 milliards d'euros) de revenus. Et une grosse partie de ce gâteau (60 à 65%) proviendra des droits de diffusion.


4: NCAA final four (le championnat de basket universitaire américain) 137 millions de dollars (100 millions d'euros).

Les championnats universitaires sont une véritable mine d'or. Le final four de basket notamment passionne les Etats-Unis qui suivent avec autant si ce n'est plus d'entrain cette compétition finalement proche d'eux et qui regorge des futures stars de la NBA. A titre d'exemple, le spot de pub de 30 seconds a rapporté 1,6 million de dollars (1,2 million d'euros) à CBS en 2013 pour la finale entre Louisville et Michigan. Soit 10% de plus que l'an passé.


5: MLB World Series (la finale américaine de baseball) 135 millions de dollars (99 millions d'euros)

Comme en NBA, c'est au meilleur des 7 rencontres que se joue le titre de meilleure équipe américaine de baseball. Et ça dure depuis 1903. Pour la dernière finale en 2012 , Fox facturait 450 000 dollars (329 000 euros) pour 30 secondes de publicité.


6: Les Jeux Olympiques d'hiver : 123 millions de dollars (90 millions d'euros)

Moins populaires et moins rentables que les JO d'été, les Jeux d'hiver restent tout de même une valeur sûre. En 2010, Vancouver (Canada) avait généré 260 millions de dollars (190 millions d'euros) en billetterie et 55 millions de dollars (40 millions d'euros) en merchandising.


7: La Ligue des Champions: 

117 millions de dollars (86 millions d'euros) C'est la compétition la plus difficile et prestigieuse de club en football. Peut-être même la plus compliquée à remporter. Et du coup, ça intéresse du monde, beaucoup de monde. L'UEFA a annoncé un revenu commercial de 1,34 milliard d'euros (1,76 milliard de dollars) par an pour la période de 2012-2015. Vertigineux.


L'Exemple des droits télés dans le football Français

En France, les programmes les plus regardés sont les matchs de football


A partir de 2016, les droits télés pour la ligue atteindront un montant record de 745 millions d'euros par an

A titre d'exemple, le championnat anglais a fait monté les enchères jusqu'à 7 milliards d'euros sur 3 ans


Les 2 principaux concurrents sont Canal+ et beInSPORT mais aussi TF1


 CANAL+

La révolution du modèle économique de Canal+ n'est pas seulement un bouleversement potentiel pour le paysage de la télé payante . Elle pourrait aussi secouer les chaînes gratuites. Les accords pour embarquer des mini-bouquets CanalSat sur les boxes de Free , Orange et sans doute un jour Bouygues Telecom, et ce à des prix attractifs, pourraient en effet donner un second souffle à la télé payante dans un pays où sa pénétration reste inférieure à celle observée chez ses voisins, par exemple au Royaume-Uni.En très peu de temps, le nombre d'abonnés à la télé payante offerte par Canal+, le leader avec actuellement 5,5 millions en comptant la chaîne Canal et le bouquet CanalSat, pourrait en effet quasiment doubler, à 10 millions. C'est ce à quoi on s'attend au sein de la filiale de Vivendi. Trois millions de clients de la Freebox Revolution sont déjà abonnés par défaut à CanalSat et le nombre de clients devrait progressivement grimper.L'impact pour les chaînes gratuites n'est sans doute pas équivalent à celui de l'arrivée en 2005 puis 2012 des « petites » chaînes TNT, qui a provoqué un émiettement progressif des audiences des grandes chaînes historiques comme France 2 ou TF1. Il ne sera pas non plus immédiat. Mais il y a un risque de baisse d'audience. « Ca pourrait accentuer la fragmentation, » indique Philippe Nouchi, expert chez Publicis Média. Même s'il relativise : « lorsque l'offre progresse, le téléspectateur a tendance à consommer davantage la télé ».


beIN SPORTS

Même si elle devrait encore accuser de lourdes pertes cette année, la chaîne sportive se rapproche de son point d'équilibre. En franchissant le cap des 3 millions d’abonnés, beIN Sports a frappé un grand coup. Lancée en 2012, la chaîne qatarie ne cesse en effet de recruter de nouveaux fidèles, portée par une offre de plus en plus large et par des événements tels que l’Euro ou la Coupe du monde. Malgré tout, sa stratégie et son modèle économique peinent à convaincre. Car de lourds investissements ont été nécessaires pour se faire une place dans le cœur (et dans le budget) des amateurs de sport.


Les recettes augmentent...

En se basant sur une moyenne de 3 millions d’abonnés sur l’année, et sur une moyenne de 13 euros par abonnement (prix minimum), les recettes devraient atteindre environ 300 millions d’euros, selon nos calculs (beIN Sports touche environ 70% du prix de vente). À cela, il convient d’ajouter les revenus issus de la publicité, de la revente de droits à l’étranger, ou encore des abonnements sur internet (beIN Connect). Au total, on peut estimer que 370 millions d’euros devraient rentrer dans les caisses cette année.


...les dépenses aussi

Cependant, si les recettes augmentent, les dépenses suivent la même tendance. La faute notamment à l’acquisition de nouveaux droits, tels que ceux de l’Euro 2016 (45 millions d’euros*).

Au fil des années, beIN Sports a largement étoffé son offre, misant beaucoup sur le football: elle diffuse ainsi une partie de la Ligue 1, la Ligue 2, les championnats allemand, italien et espagnol, ainsi que la majorité de la Ligue des champions et de l’Europa League. Mais aussi des droits d’autres sports tels que la NBA, la Coupe d’Europe de rugby, des tournois de tennis (dont Wimbledon), ou le championnat de France de handball. Ce qui coûtera à la chaîne, selon les calculs de Morgan Stanley, environ 470 millions en 2016. À cela s’additionnent d’autres postes de dépenses (marketing, coûts techniques et de production, frais de personnel, taxes, recrutement d’abonnés), qu’on peut estimer à 110 millions par an. Au total, les pertes devraient donc s’élever à un peu plus de 200 millions en 2016. Un "point mort" à 4 millions d'abonnés Comment, dans ce cas, redresser la barre? En recrutant encore plus d’abonnés, d’autant que le point d’équilibre ne semble plus être un horizon si lointain. Selon un bon connaisseur du dossier, il suffirait que ces derniers soient au nombre de 4 millions (un million d’abonnés de plus signifieraient en effet 110 millions d’euros de recettes supplémentaires). Ce qui collerait aux déclarations de Charles Bietry, sur LCI en 2012, pour qui il n’était "pas stupide" d’évoquer ce chiffre.


Une stratégie qui devrait cependant se poursuivre en maintenant un rythme de dépenses similaire (un peu plus de 500 millions par an) et en développant certaines activités (dont beIN Connect et la revente de droits à l’étranger).